« Former l’honnête homme 2.0, citoyen numérique » : tel était le sujet de la huitième édition d’Eidos 64, le forum des pratiques numériques pour l’éducation qui s’est tenu à Paris le 27 janvier 2016. Les organisateurs ont choisi Milad Doueihi, titulaire de la chaire d’Humanisme numérique à Paris IV-La Sorbonne pour introduire et commenter ce thème. Le café pédagogique nous en propose un résumé très complet.
Si l’informatique est une science, le numérique est une culture. Milad Doueihi insiste sur cette dichotomie pour appuyer l’idée que le digital s’inscrit dans l’évolution de l’humanité comme une mutation majeure de la société… Une mutation qui se fonde sur de nouvelles manières d’appréhender les rapports entre êtres humains autant qu’elle reconfigure des notions comme le savoir-apprendre.
En effet, Internet nous donne accès à une masse de connaissances qui bouleverse les modes d’apprentissage et soumet les élèves à l’« infobésité », une surcharge informationnelle les obligeant à acquérir de nouveaux réflexes de recherche, de tri et de sélection des informations… Un mode de consommation plus fragmentaire et transitif qui n’est cependant pas forcément synonyme de superficialité.
Repenser les réflexes intellectuels et redistribuer les cartes en termes de pratiques
Au-delà de la recherche d’information, le numérique fait évoluer toutes les pratiques : la lecture passe d’un mode linéaire à un écrémage de l’information (« lecture skimming »), tandis que l’écriture se transforme elle aussi, le numérique permettant de positionner l’élève comme un créateur de contenu produisant une véritable « écriture de soi dans le monde ».
Plusieurs recommandations ont été formulées lors du forum, notamment l’enseignement de stratégies d’étude des documents digitaux ainsi que la mise en place de rituels permettant à l’élève de se familiariser avec la citoyenneté numérique, avec par exemple des outils comme BabyTwit, grâce auquel les élèves peuvent poster des messages en 140 caractères dans un environnement sécurisé.
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Comme le dit Philippe Guillem, professeur des écoles et maître formateur en Gironde, « la citoyenneté va se nicher dans l’écriture, dans la conscience de ce qu’on dit et dans le rituel » : il s’agit donc d’apprendre à adapter le message à une forme particulière, à adapter cette forme au destinataire et à développer un comportement responsable dans l’environnement numérique.
=> L’ensemble des problématiques abordées lors du forum est à retrouver sur le café pédagogique.